Étant donné la disponibilité généralisée des appareils intelligents, à la fois sur le champ de bataille et au-delà, la guerre en Ukraine annonce un nouveau moment de guerre participative. Les smartphones font en effet partie intégrante de la technologie utilisée pour faire fonctionner les drones, diffuser des images de mort ou des messages visant à remonter le moral des troupes. Les smartphones peuvent être utilisés pour observer l’activité ou les positions ennemies, mais aussi pour partager des informations précises et géolocalisées. Toute personne disposant d’un smartphone peut y participer activement. Dans ce nouveau contexte, il devient évident que les infrastructures d’information civiles et militaires sont étroitement liées, tant à des fins d’information que de ciblage. Mais lorsque les cycles de ciblage militaire et de production médiatique sont alignés, les distinctions entre le public et l’acteur, le soldat et le civil, le média et l’arme s’estompent. L’utilisation des smartphones par les combattants et les non-combattants change le visage de la guerre et remodèle le champ de bataille.